CORRESPONDANCE UNITARIENNE    février 2004

La Société unitarienne d'Espagne

Actualités
unitariennes


n° 28

L’unitarisme contemporain, c’est la joie d’entrer dans une grande famille internationale,
basée sur des valeurs d’amour et de fraternité,
aussi sur une histoire commune qui est notre patrimoine,
et sur un compagnonnage spirituel fait de libre croyance et de partage.
Chacun, avec sa propre expérience religieuse, spirituelle ou philosophique, y est convié ;
ainsi que chaque communauté avec sa tradition
dès lors que celle-ci est vécue d’une façon libérale et non dogmatique.
Les contributions des uns et des autres  y sont les bienvenus, dans un respect mutuel.
Jean-Claude Barbier (Bordeaux)

La Société unitarienne universaliste d’Espagne (SUUE)
présentée par Andreu Jaume de Marcos,
président de la SUUE et secrétaire général de l’International council of unitarians and universalists (ICUU)
adresses : pour la SUUE, www.suue.org, et pour les hispanophones, www.uuhispano.tk

La Société unitarienne universaliste d’Espagne (SUUE) est constituée par un ensemble de congrégations locales autonomes, réunissant en leur sein des femmes et des hommes dans un esprit de fraternité et d’aide mutuelle, et qui promeuvent, célèbrent et diffusent en Espagne la tradition religieuse unitarienne universaliste. Cette tradition se base sur la liberté de conscience et de croyance de l’individu, l’affirmation de la dignité de toutes les personnes et la vision d’une unité globale de l’humanité basée sur la paix, la liberté, la justice, les valeurs démocratiques et le respect du tissu interdépendant de la Vie

Bien que le pionnier de l’unitarisme à l’époque moderne, Michel Servet, ait été un Espagnol d’Aragon, il vécut la majeure partie de sa vie adulte en France et mourut à Genève. Pour cela, mais surtout à cause de l’hégémonie que l’Inquisition et la monarchie catholique exercèrent en Espagne, sa théologie et celle de ses descendants spirituels ne furent pas connus dans son propre pays durant de nombreuses années.

Cependant, avec le temps, quelques Espagnols se convertirent à l’unitarisme ; mais ce fut à l’étranger, à cause de leurs voyages ou d’un exil. Ce fut le cas pour l’écrivain et ex prêtre catholique José Maria Blanco-White (1775-1841) qui adhéra à l’unitarisme à Liverpool, en Angleterre, où il avait fui l’invasion napoléonnienne.

À la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, des pédagogues et des hommes politiques réformistes prirent connaissance des œuvres des grands auteurs unitariens nord-américains William E. Channing et Theodore Parker. Ils se mirent à penser à une réforme et à une modernisation de l’Eglise chrétienne en accord avec les principes libéraux et le retour à la pureté et la simplicité du message évangélique, et avec une profonde préoccupation morale. Nombre d’entre eux étaient également admirateurs du philosophe allemand franc-maçon Karl Krause (1781-1832), et connus en conséquence comme “krausiens”. Ils fondèrent l’Institut d’enseignement libre, sur le modèle de l’Université libre de Bruxelles (ULB), pour favoriser les études scientifiques et des méthodes pédagogiques modernes et nouvelles.

Le 24 mars 2000, un petit groupe de personnes décidèrent de créer la Société unitarienne universaliste d’Espagne (SUUE). Avant cette date, il y avait déjà eu quelques célébrations religieuses unitariennes, mais sans continuité. La fondation de la SUUE marque la volonté de consolider une alternative religieuse libérale en Espagne, selon une ligne ouverte, pluraliste et universelle - ouverte à tous les “chercheurs spirituels”, sans distinction de credo.

La SUUE fut admise au Conseil international des unitariens et universalistes (en anglais ICUU) lorsque celle-ci tint sa réunion à Montréal, au Canada, en mai 2001. Toutefois, jusqu’aujourd’hui, elle n’est pas reconnue comme association religieuse de la part du gouvernement espagnol. Ceci, nous a contraint à une nouvelle présentation de notre société qui permette sa légalisation, en tenant compte du contexte et en espérant qu’un nouveau gouvernement plus progressiste que l’actuel sera plus réceptif et ouvert quant à sa politique envers les religions non catholiques.

Pour les unitariens universalistes espagnols, l’usage d’Internet et du courrier électronique s’est révélé très important. Actuellement, ce sont plus de 60 personnes dans tout le pays qui sont inscrites sur la liste du courrier de la SUUE où sont annoncées les activités auxquelles participent les unitariens universalistes et où peuvent être discutés nos points de vue et posées des questions sur l’unitarisme.

La SUUE est consciente des racines chrétiennes de l’unitarisme, mais elle ne veut pas se voir limiter par elles. Notre intention est d’articuler une alternative religieuse libérale, pluraliste et humaniste au service des personnes qui se désengagent des Eglises dogmatiques et qui veulent approfondir librement leur spiritualité. Egalement, nous voulons établir des communautés basées sur l’amour et l’espérance, la liberté individuelle, la solidarité et le projet commun de faire un monde meilleur s’appuyant sur la paix et la fraternité entre les peuples et les religions, promouvant une justice sociale qui respecte les droits humains pour toutes et tous. A cette grande entreprise sont conviés à égalité les chrétiens, les juifs, les musulmans, les bouddhistes, les agnostiques, puisque, au delà des différences doctrinales, ils partagent une condition humaine commune.

La SUUE s’est engagée très intensément dans le dialogue interreligieux. Nous collaborons avec le Centre Unesco de Catalogne et participons aux diverses réunions, groupes de travails et manifestations publiques. Nous collaborons aussi avec le mouvement servétiste espagnol afin de diffuser l’œuvre et le legs spirituel de Michel Servet, premier unitarien et martyr de notre tradition et de la lutte pour la liberté de conscience ; nous fûmes l’un des groupes qui participèrent aux actes commémoratifs en Espagne du 450ème anniversaire de sa mort en octobre dernier.

La SUUE est membre provisoire du Conseil international des unitariens et universalistes. Jaume de Marcos représenta la SUUE a la récente réunion de Prague, en mai 2003, et participa aux travaux du Groupe régional européen de l’ICUU et à la “Force d’intervention” pour l’Amérique latine. Nous espérons que la SUUE sera reconnue comme membre de plein droit à la prochaine réunion de l’ICUU en 2005, au terme de la période probatoire de quatre ans que doivent accomplir les associations récemment admises. Nous travaillons pour consolider nos groupes de Barcelone et de Madrid, pour initier d’autres groupes dans les autres villes et obtenir une plus grande reconnaissance au niveau officiel, public et institutionnel, également pour faire entendre notre voix indépendante dans l’enceinte des religions. Dans cette perspective, nous envisageons de participer activement au prochain Parlement des religions du monde qui se tiendra à Barcelone du 7 au 13 juillet.

Nous, les unitariens universalistes espagnols, nous affirmons la diversité de la grande famille unitarienne et universaliste internationale, et, spécialement, dans le cadre de notre double relation avec l’Europe et avec l’Amérique latine. Nous espérons contribuer à un dialogue enrichissant et jeter des ponts de confiance et de fraternité entre les diverses associations unitariennes et universalistes de l’Europe et du monde. Entre autres, nous souhaitons renforcer et amplifier les liens d’amitié avec les unitariens français, nos voisins immédiats. Nos groupes sont ouverts à tous nos frères unitariens ; nous espérons recevoir un jour leur visite et réaliser des projets conjoints pour le progrès de cette foi que nous aimons tant et dans laquelle nous avons placé toute notre spiritualité.

(traduction Jean-Claude Barbier)

Prends ton grabat et marche ! Jean 5, 1-11,
homélie du dimanche 18 janvier 2004 par Fulgence Ndagijimana
Assemblée des chrétiens unitariens du Burundi (Afrique centrale)

Ne vous en faites pas, comme l’infirme guéri, du respect du sabbat ou toute autre approche légaliste de la vie. Nous, les unitariens sommes très heureux d’avoir l’une des valeurs les plus précieuses, à savoir la liberté par rapport à certaines règles et lois qui ne semblent pas avoir de sens et qui surtout veulent que l’homme et la femme soient à leur service au  lieu du mouvement contraire. 
Jésus a agi de même car pour lui, la vie humaine, la croissance spirituelle  viennent en premier.